De l’expertise à l’outil : comment Geoptis a construit son offre Analyse des Besoins Sociaux

Co-construction avec les utilisateurs, indicateurs exclusifs créés par nos data-scientists, conception de cartes lisibles… Notre offre ABS a été conçu pour être utile, pas rester sur une étagère ! Découvrez-en les coulisses avec deux experts maison
ABS Geoptis

Pour fêter la première bougie de notre « ABS » (Analyse des besoins sociaux), nous vous proposons une interview de deux experts Geoptis, Mandy Koster et Simon Delage, qui reviennent sur la genèse de cette offre conçue initialement pour les directeurs de CCAS et CIAS.

Au programme : échanges avec les acteurs sur le terrain, volonté de faciliter la démarche, remue-méninges, méthodologie, travail statistique pointu… Et un résultat dont nous sommes fiers : un diagnostic clé en main, utile, nourri d’éléments objectifs et utiles, permettant d’aider les décideurs de l’action sociale.


 

Mandy Koster
Mandy Koster, Consultante géomarketing chez Geoptis
 

D’où est parti le projet d’offre d’Analyse des Besoins Sociaux ?

Tout a démarré avec plusieurs échanges approfondis avec Émilie Pelzak, Directrice du CCAS d’Allonnes, et Thomas Louche, Directeur du service à la population d’Allonnes. Ils avaient besoin d’une vision claire et précise des besoins sociaux sur leur territoire.

 

L’objectif initial était double : à la fois objectiver des ressentis terrain, liés par exemple à la précarité, au vieillissement de la population, à l’isolement… mais aussi disposer d’un outil d’aide à la décision.

Notre approche : croiser les données et la cartographie pour produire un diagnostic lisible, partagé et concret.

On a rapidement compris que les CCAS consacrent beaucoup trop de temps à centraliser et rechercher les données nécessaires pour cette analyse. Ce travail chronophage les empêche souvent de se concentrer sur l’essentiel : identifier et agir sur les leviers d’action.

Notre approche chez Geoptis était donc de croiser les données statistiques territoriales avec un outil de cartographie pour produire un diagnostic lisible, partagé et concret.

Un enjeu majeur pour nous était aussi de centraliser toutes ces données pertinentes dans un support unique et structuré, et surtout de proposer un produit prêt à l’emploi.

Il faut savoir que l’une des difficultés dans la réalisation de l’ABS est l’absence de cahier des charges et donc de méthodologie. Chaque structure est libre de construire son ABS comme elle l’entend. Mais cette souplesse peut vite se transformer en écueil. En cela, notre solution trouve toute sa place car elle permet de structurer l’ABS et d’en faciliter la construction.

Pourquoi analyser les besoins sociaux ?

En tant que filiale de La Poste, nous avons à cœur de servir les territoires et d’accompagner les acteurs publics dans la connaissance fine de leur population. L’Analyse des Besoins Sociaux s’inscrit pleinement dans cette logique : elle permet de mieux comprendre les réalités sociales vécues par les habitants, et d’y répondre de façon adaptée.

Sur le plan réglementaire, l’ABS est obligatoire pour les communes qui ont un CCAS ou qui font partie d’une intercommunalité disposant d’un CIAS. Elle doit être réalisée tous les 6 ans, après le renouvellement des équipes municipales. Mais au-delà de cette obligation, c’est surtout un outil stratégique. Il permet à la commune de mieux piloter ses politiques sociales, d’ajuster ses priorités, d’anticiper les évolutions démographiques, et de mobiliser les bons partenaires là où c’est nécessaire.

Chez Geoptis, notre rôle est vraiment d’aider la collectivité à objectiver les constats, à croiser les données, et à visualiser clairement les inégalités territoriales.

Nous avons fait du tri pour garder uniquement ce qui était vraiment utile.

Quelles ont été les principales étapes pour passer d’une idée à un livrable concret ?

D’abord, nous avons beaucoup discuté avec les responsables locaux, notamment ceux des CCAS, pour bien comprendre ce dont ils avaient besoin. Ensuite, nous avons rassemblé un tas de données, mais nous avons fait le tri pour garder uniquement ce qui était vraiment utile.

Après cela, nous avons combiné ces données avec des cartes, de manière à créer une image de la situation sociale claire et facile à comprendre.
Et enfin, nous avons tout regroupé dans notre plateforme Geoptis Solution, ce qui permet aux collectivités d’accéder facilement aux informations et aux cartes, de les réutiliser quand elles veulent et surtout de partager ces rapports.

Après avoir construit cette Analyse des Besoins Sociaux, il était essentiel que cette offre puisse évoluer avec les besoins des territoires et suivre les changements des politiques publiques.

 

Justement, comment évolue cette offre ?

Notre offre est vraiment vivante et évolutive, parce qu’elle s’adapte à la fois aux évolutions sociales des territoires et aux priorités des politiques publiques.
Par exemple, on a récemment intégré la thématique de la petite enfance*, en réponse à des besoins très concrets exprimés par certaines collectivités, comme la saturation des structures ou les inégalités d’accès.

* Depuis le 1er janvier 2025, en application de la loi du 18 décembre 2023 pour le plein emploi, toutes les communes françaises sont devenues autorités organisatrices de l’accueil du jeune enfant.

 

Plus globalement, nous restons toujours à l’écoute des territoires pour faire évoluer nos indicateurs, intégrer de nouvelles sources de données, et adapter nos analyses à des enjeux spécifiques comme le vieillissement de la population, l’accès aux soins, ou les situations de non-recours.

Le rapport ABS par Geoptis peut être en ligne ou en format papier, modifiable par vos soins
À savoir que l’on fournit également une première trame d’analyse aux équipes du CCAS qui pourront compléter ce document, pour ensuite le livrer à la préfecture.

Par ailleurs, nous veillons à mettre régulièrement à jour l’ABS avec des données actualisées, pour garantir que les analyses restent toujours pertinentes et fiables. C’est un élément fort de notre offre : elle n’est pas figée dans le temps, elle reste à jour.

L’idée, c’est que notre offre reste toujours utile, ciblée et facile à mobiliser, peu importe le contexte local.

Lire le témoignage du CCAS de Miramas

Qu’est-ce qui a été le plus difficile ?

Je dirais que le plus difficile a été le cadrage du projet dès le départ. On avait énormément de données à disposition, et il a fallu faire des choix : ne pas vouloir tout intégrer, ne pas multiplier les indicateurs au risque de noyer les priorités.
Avec la collectivité d’Allonnes, on a donc travaillé à définir une base de données utile, ciblée et vraiment exploitable, en se concentrant sur ce qui avait du sens pour le territoire et la prise de décision.

Je dirais que ce travail de tri, de sélection et d’arbitrage a été l’étape la plus délicate pour éviter de tomber dans l’illisibilité. Mais il était indispensable.

Quel a été le plus beau moment de ce projet ?

Pour moi, c’est vraiment la restitution qui est le moment le plus fort.

Tout le travail d’analyse, de recherche et de croisement des données est essentiel, bien sûr, mais ce qui est vraiment valorisant, c’est de pouvoir présenter des résultats concrets, clairs et directement exploitables.

Ce qui donne tout son sens au projet, c’est de voir que ces résultats résonnent directement avec les préoccupations du terrain.

 

Quel est le profil des clients avec lesquels vous échangez ?

Nous travaillons principalement avec les directeurs de CCAS, du fait de l’obligation réglementaire qu’ils ont de réaliser une ABS. Ce sont nos interlocuteurs privilégiés pour comprendre leurs enjeux, adapter notre offre et les accompagner dans leurs démarches.

Cela dit, notre solution peut aussi répondre aux besoins des départements, des communautés de communes, voire d’autres acteurs territoriaux qui souhaitent mieux connaître les dynamiques sociales de leur territoire pour mieux cibler leurs politiques publiques. Nous échangeons notamment avec plusieurs CPAM au niveau départemental.

Merci Mandy !

 

Simon Delage
Simon Delage, Statisticien et doctorant chez Geoptis

Quels sont les indicateurs dans votre ABS ?

Il y a beaucoup de chiffres intéressants pour l’action sociale. Nous avons organisé notre ABS autour de 180 indicateurs, regroupés en 11 thématiques pour qu’ils soient plus facilement accessibles. En cela, notre ABS est complète puisqu’elle regroupe des données socio-démographiques (typologie de ménage, par exemple le nombre de familles monoparentales), des données de logement (le nombre de HLM), mais aussi des données relatives à la santé et à la petite enfance.

 

Comment vous est venue l’idée de construire de nouveaux indicateurs ?

Comme l’a dit Mandy, les équipes voulaient créer une nouvelle offre qui répondrait aux défis des communes ou des EPCI dans l’élaboration de leur Analyse des Besoins Sociaux. L’équipe a pensé notamment à des indicateurs de non-recours aux soins et aux prestations sociales à l’échelle de l’IRIS, pour permettre aux collectivités de cibler précisément les territoires où des actions pouvaient être mises en place.

Ma méthode s’appuie sur l’approche que j’utilise dans mes travaux de thèse : nous sommes partis de la littérature scientifique sur le sujet pour étudier les causes du non-recours aux soins et du non-recours aux prestations sociales. En comprenant les mécanismes de ces phénomènes, nous avons pu identifier et créer les données qui permettent de les illustrer au mieux.

J’ai été recruté en tant que doctorant sur les sujets d’attractivité territoriale, c’est donc tout naturellement que ce travail de recherche et d’exploitation de la donnée m’a été confié pour ce projet.

Sauriez-vous expliquer les tendances liées au non-recours aux soins et au non-recours aux prestations sociales ?

Ces deux phénomènes suivent des logiques différentes mais complémentaires. Le non-recours aux soins est principalement déterminé par déterminé par l’offre de soin sur le territoire et les moyens qu’ont les personnes pour y accéder.

Le non-recours aux prestations sociales relève davantage de mécanismes informationnels et administratifs : complexité des démarches, méconnaissance des droits, stigmatisation sociale.

Ces tendances s’aggravent avec la digitalisation des services publics, qui peut exclure les populations les moins connectées et qui crée des disparités territoriales dans l’accès aux droits.

 

Par ailleurs, d’après les travaux de la DREES, on peut identifier des profils de personnes à risque, qui combinent plusieurs caractéristiques : les hommes, âgés de 18 à 24 ans, vivant seuls ou en famille monoparentale, immigrés, avec un faible niveau de diplôme, agriculteurs ou ouvriers, inactifs, locataires du secteur social ou privé, et résidant en milieu rural.

abs rapport

Exemple d’un rapport présentant le niveau de risque de non-recours aux prestations sociales

Quels types de données avez-vous mobilisées ?

 

Nous avons mobilisé des données de l’Open data (Insee, RPLS), re-traité des données : notamment celles de la DREES pour l’Accessibilité Potentielle Localisée aux médecins généralistes, ou les données de temps de trajet vers les maternités que nous avons intégrées, pour mesurer l’accès aux soins. Nous avons également créé des données via des modèles d’Intelligence Artificielle.

 

Si on prend l’exemple du taux de pauvreté, il existe mais n’est pas communiqué par l’INSEE sur certaines communes pour des raisons de secret statistique. Mon travail a été d’effacer ces manques en réalisant des estimations à partir des données socio-économiques et socio-démographiques.

La complexité technique doit rester invisible pour l’utilisateur final.

 

Avez-vous rencontré des défis techniques ou méthodologiques ?

 

Le principal défi est l’absence de certaines données essentielles, souvent liées au secret statistique, mais qui peut être palliée. Notre approche est toujours transparente. Par exemple, pour le taux de pauvreté, nous communiquons un indice de confiance qui varie selon la qualité de notre estimation.

 

Enfin, la complexité technique doit rester invisible pour l’utilisateur final : notre enjeu est de livrer des indicateurs simples à interpréter pour guider l’action publique locale.

Merci Simon !

 

En conclusion

 

Avec notre offre ABS, nous avons voulu propulser l’Analyse des Besoins Sociaux en véritable levier stratégique, bien au-delà d’une contrainte réglementaire qui serait plus coûteuse qu’éclairante. En centralisant les données, en proposant des indicateurs fiables et représentatifs dans un outil prêt à l’emploi, nous cherchons à faire gagner du temps aux CCAS et CIAS. Les équipes peuvent ainsi se concentrer sur ce qui compte vraiment : construire une politique sociale adaptée au territoire où elles exercent.

>>> Je découvre comment Geoptis peut m’aider pour mon Analyse des Besoins Sociaux

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