Lors d’un webinaire co-organisé par Geoptis et La Gazette des Communes, et animé par le journaliste François de Guillebon, nous faisons le point avec Sophie Higelin (Directrice de l’Efficacité Commerciale) et Ludovic Prats (Ingénieur d’Affaires) sur l’importance de l’entretien et la préservation du patrimoine routier qui nécessitent une gestion optimisée et anticipée sur le moyen et le long terme pour réaliser d’importantes économies.
M.Philippe Licari, Responsable gestion et entretien du domaine public de la Ville de Nanterre – qui a réalisé à 2 reprises un audit de voirie avec Geoptis – nous fait part des bienfaits de cet exercice qui permet à la commune d’optimiser son budget voirie grâce à un plan pluriannuel de travaux.
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[François de Guillebon, journaliste] Bonjour Philippe, pouvez-vous vous présenter et expliquer la particularité de Nanterre ?
[Philippe Licari] Oui, bonjour, je suis responsable du service gestion et entretien du domaine public sur la ville de Nanterre, donc avec une équipe de cinq techniciens nous sommes en charge de surveiller et d’entretenir le domaine communal. Nanterre est une ville très urbanisée comme vous le savez, ville préfecture, nous possédons environ 150 km de voirie communale mais à cela il faut ajouter toutes les voiries départementales et toutes les voiries départementales classées à grande circulation. Donc on a un gros réseau structurant et transversant puisque nous avons aussi l’autoroute A86 qui passe de bout en bout sur la ville ainsi que le boulevard de la Défense.
Pour bien comprendre, quel est l’état de la voirie à Nanterre ?
L’état de la voirie à Nanterre est plutôt très bon, pour plusieurs raisons : d’abord parce que la municipalité met les moyens financiers pour qu’on puisse entretenir correctement la voirie, c’est quand même l’image de la ville à travers ses voiries qui ressort, donc la municipalité a une politique de financement qui est assez importante. On a donc un budget qui se fait en deux fois, avec un budget d’investissement et un budget de fonctionnement.
Le budget fonctionnement sert surtout à préparer un plan pluriannuel de travaux qui nous permet de qualifier, de requalifier des rues ou des voiries en tenant compte des nouvelles normes, par exemple les normes PMR ou les voies cyclables, les zones 30 ou ce genre de choses et notre budget fonctionnement qui est un petit peu moindre évidemment, qui nous permet de maintenir les voiries en état et de réparer les petits défauts quotidiens.
Merci Philippe. Ludovic, comment est-ce que les communes sont armées pour gérer l’entretien des voiries, est-ce qu’elles sont bien armées ?
[Ludovic Prats] Alors déjà il faut s’intéresser à la structure d’une municipalité parce qu’au niveau organisationnel on a aussi plusieurs particularités. On va avoir des communes comme Nanterre qui sont très urbanisées et qui ont les moyens financiers et humains de disposer de services dédiés pour l’entretien des voies. Et d’autres communes où on va retrouver des agents communaux qui vont réaliser des opérations ponctuelles sur la chaussée et qui sont dirigées directement par le maire ou par les élus voiries. Et quand on va en ruralité un peu plus profonde, là on dispose malheureusement de moyens très limités humains où on va externaliser tout l’entretien de la voirie à un prestataire externe. Donc ceci étant, nous aujourd’hui le constat qu’on peut faire c’est qu’on opère, on gère l’entretien des chaussées, surtout par la considération des actions curatives, donc des dégradations majeures observées. Le nid-de-poule par exemple qu’on connaît tous, abîme les véhicules 4 roues mais est aussi très dangereux pour les véhicules deux roues motorisées.
Nid-de-poule
Ce sont des dégradations qui sautent aux yeux, qui sont relevées à la fois par les agents, par les élus mais aussi par les administrés. Et donc c’est les dégradations qu’on va prioriser pour gérer la voirie. Et ce qui est dommage, c’est qu’on délaisse le préventif. Or, 1€ dépensé en préventif sur de l’arrachement permet d’en éviter 10 sur le traitement d’un nid-de-poule à venir.
Pour comprendre comment Geoptis a pu auditer et aider la ville de Nanterre sur sa voirie, Ludovic, en quelques mots, quel a été le parcours de Nanterre avec Geoptis ?
Alors Nanterre nous sollicite en 2021 pour réaliser un diagnostic initial, donc pour recenser toutes les pathologies de dégradation de chaussée et également d’autres items du mobilier urbain par exemple. Ce qui nous a donné un plan pluriannuel d’investissement étalé sur trois ans qui a été proposé à la commune de Nanterre et sur laquelle ils ont pu statuer sur leur stratégie qu’ils voulaient réellement déployer. Et en 2023 on a été sollicité à nouveau pour repasser les caméras et donc pour faire ce qu’on appelle un audit de renouvellement et de pouvoir comparer l’audit initial avec le nouvel audit qui a été produit.
Philippe, est-ce que vous pouvez nous détailler le cas concret de Nanterre ?
[Philippe Licari] Oui, Nanterre c’est une ville très urbanisée avec beaucoup de circulation mais surtout beaucoup d’aménagements, notamment des nouveaux quartiers. Actuellement on a un nouveau quartier qui va sortir de terre et qui va nous emmener à peu près 11 000 habitants donc avec la création de nouvelles voies. On a aussi la nouvelle gare de métro qui est en construction, donc beaucoup de changements. On a également les aménageurs qui font différents travaux de voirie, la ville est en perpétuel mouvement.
Ce premier audit en fait nous a permis d’avoir une cartographie de l’état de nos voiries en 2021. Nous, on avait déjà une idée de ce que ça représentait mais c’est vrai que d’avoir un œil extérieur change pas mal de choses et à ma grande surprise j’ai découvert quand même que nos voiries étaient en très bon état sur la ville de Nanterre. Cela permet de se concentrer sur des choses différentes, d’avoir un audit qui nous explique que les voiries sont en partie bonnes mais qu’il y a des améliorations à apporter à certains endroits de la commune et notamment dans les zones industrielles où il y a beaucoup de poids lourds qui circulent. C’est vraiment un axe d’amélioration important l’audit.
Concernant Nanterre, Ludovic, quelles étaient les problématiques spécifiques avant de faire appel à Geoptis et ses objectifs en faisant appel à vous ?
[Ludovic Prats] Je pense que je peux un peu le généraliser. Les objectifs initiaux sont surtout de disposer d’un diagnostic exhaustif, impartial dans un temps assez réduit et il faut bien comprendre que si c’était les services internes de la collectivité qui déployaient ce genre d’analyse, ça serait très vampirique au niveau du temps accordé. Donc le premier bénéfice de l’externaliser c’est justement de pouvoir le faire rapidement et exhaustivement.
Ensuite sur le cas de Nanterre, les objectifs et stratégies qui ont été déployées – comme le réseau était déjà en bon état -, c’était plutôt d’agir sur les dégradations de chaussée qui posaient des problématiques vraiment urgentes pour les accédants, pour les usagers. Toutes les pathologies qui étaient les plus dangereuses ont été traitées par la commune.
Et en définitive, cette analyse exhaustive ainsi que le plan pluriannuel d’investissement qui est proposé permet, comme l’a dit M. Licari, de prendre de la hauteur et vraiment de corréler les élus avec les agents techniques pour déployer une stratégie en adéquation avec les objectifs fixés.
Philippe, vous avez pu croiser la restitution avec vos agents techniques et voir que ça correspondait bien à une réalité, c’est ça ?
[Philippe Licari] Complètement. Une des premières préoccupations était de savoir si l’audit correspondait réellement à ce qui était sur le terrain. D’où l’importance de nos cinq techniciens surveillants de voirie qui, suite à cet audit, ont pu vérifier en effet sur le terrain que l’audit nous disait des choses vraies. Et pour le coup, une fois que cet audit et la vérification des surveillants de travaux sur le terrain a pu être effectuée, nous avons pu établir un plan d’intervention au niveau de l’entretien des voiries, mais aussi au niveau de l’investissement, puisque l’audit nous donnait des rues qui étaient très dégradées ou moyennement dégradées, mais qui étaient déjà entrées dans un plan pluriannuel d’investissement.
Par contre, on avait certaines voiries où il y avait certaines dégradations comme des nids-de-poule ou des affaissements, des fissures longitudinales par exemple, qui nous ont permis justement de faire ce plan de prévention sur l’année 2022. Je prends un exemple, mais par exemple sur des fissures longitudinales, ça nous a permis de faire un pontage. Le pontage nous permet de garder nos chaussées encore intactes pendant 5-10 ans et ça nous permet ensuite de pouvoir les programmer sur d’autres plans pluriannuels. Donc effectivement, le premier audit nous a permis cela.
À la suite, on a fait un deuxième audit en 2023, puisque comme je vous le disais, la ville est en perpétuel aménagement et en deux ans, il y a tellement de choses qui changent que forcément ça ne peut pas être la même chose. Et comme on n’en avait pas fait depuis très longtemps, on avait besoin de savoir l’évolution. Et à ma grande surprise, le travail effectué après l’audit de 2021 en prévention, mais aussi en investissement forcément, nous a permis de découvrir la carte de 2023 bien plus verte que celle de 2021.
Philippe, concrètement, est-ce que vous pouvez nous dire à quoi ressemble cette restitution, qu’on puisse bien comprendre quels sont les éléments que vous avez en votre possession pour travailler sur la voirie ?
[Philippe Licari] Oui, une fois l’audit terminé, la restitution se fait par le biais d’un site internet. On a accès avec des mots de passe personnalisés au site internet, qui nous permet d’avoir une visibilité globale de la commune. On a des plans globaux qui sont coloriés en vert, orange ou rouge en fonction de l’état général des voiries. Mais on a aussi un menu avec des onglets spécifiques qui nous permet de rentrer dans le détail. Alors je m’explique, par exemple, on a besoin de savoir les dégradations par le biais des nids-de-poule. Donc on a un onglet nids-de-poule, on peut cliquer sur cet onglet nids-de-poule, ça nous permet d’avoir accès à une carte avec des zones en rouge sur lesquelles sont indiquées tous les nids-de-poule.
Ce qui est pratique avec cette application c’est qu’on peut aussi avoir accès aux photos de ces nids-de-poule. Donc en fait on a un onglet qui nous permet d’avoir une caméra qui nous emmène sur le nid-de-poule. Cela permet surtout de connaître l’ampleur de ce nid-de-poule, et de pouvoir ensuite, soit envoyer un surveillant de travaux sur secteur pour pouvoir l’identifier et le métrer au mieux, soit de faire directement des fiches travaux depuis notre bureau.

Exemple de restitution d’une étude comparative entre deux audits
Pouvez-vous commenter cet écran [ci-dessus] Ludovic ?
[Ludovic Prats] Oui bien sûr, alors effectivement comme on a fait un audit initial puis un audit de renouvellement, comme je l’ai dit, le but du jeu c’est aussi de comparer l’avant et l’après, et donc on a intégré toutes ces données dans notre plateforme Geoptis Solution, où on a pu faire cette étude comparative entre l’évolution des notations, mais également l’évolution par typologie de dégradation, pour voir par exemple sur les nids-de-poule si les pathologies ont été réduites, ou si a contrario elles ont commencé à augmenter.
Donc c’est assez intéressant, notamment pour communiquer auprès des élus, auprès des administrés, et puis pour vraiment factualiser le travail qu’on a pu faire les années précédentes.
C’est un tableau de bord où vous pouvez voir toutes les pathologies de dégradation, où vous allez pouvoir consulter l’avant et l’après, c’est assez intuitif, vous avez des cartographies et donc un joli code couleur pour les notations de voies, pour que les collectivités puissent se repérer, savoir quel quartier est à privilégier pour l’entretien des voiries.
Philippe, cette restitution vous a permis de repérer les problématiques, puis d’identifier ce qui peut être priorisé. Quel est l’impact de cet audit sur votre budget ?
[Philippe Licari] Il est clair, une fois qu’on connaît la cotation générale des voiries, ça nous permet d’orienter nos deux budgets, puisque je vous expliquais tout à l’heure qu’on avait un budget entretien et un budget investissement, en fonction des résultats de l’audit, ça nous permet d’aiguiller notre budget au mieux. Quand on constate des dégradations qui sont superficielles, on peut les prendre sur un budget d’entretien, en fonction de l’ampleur de ce qu’on a constaté sur l’audit, ça permet sur une année – puisque nos budgets d’entretien sont sur une année – de programmer un certain nombre d’opérations qui vont nous permettre : premièrement d’entretenir les voiries et deuxièmement de les maintenir en état peut-être jusqu’au prochain plan pluriannuel.
Pour le deuxième budget d’investissement, en fonction de l’audit, on peut se dire « ah ben attention, là on constate que cette rue-là est plus abîmée que ce qu’on pensait » et donc ça nous permet d’amorcer notre réflexion. Là où on aurait programmé l’opération dans trois ans, on va peut-être la programmer dans un ou deux ans. Mais tout ça bien sûr accompagné des agents de terrain.
Ce webinaire s’achève, merci à nos intervenants, merci à Philippe depuis Nanterre de nous avoir éclairés sur cette question du budget voirie et de l’audit de voirie comme voie royale pour prendre les bonnes décisions.
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